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Chez OCTO Academy, nos formateurs sont avant tout des praticiens, ils transmettent leur expérience du terrain, leurs réussites mais aussi les apprentissages qu’ils ont construits au fil des missions. 

C’est le cas de Pierre Top, consultant et formateur depuis trois ans. Dans cette interview, il revient sur son parcours, sa vision de la transmission et ce que la formation a changé dans sa manière d’accompagner les équipes.

Pierre Top, consultant senior et formateur chez OCTO Technology

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je travaille dans le delivery depuis plus de vingt ans. J’ai accompagné de nombreux clients sur des technologies très variées, plutôt comme développeur back-end. Je peux exercer des rôles très différents suivant le contexte: très technique, comme sur les sujets de performance des bases de données, ou très soft skill en facilitant du mob programming.

J’ai rejoint OCTO pour améliorer mes pratiques de développement (craft) ; au fil du temps, j’ai élargi mon champ d’action à de l’architecture applicative. Ce qui me passionne aujourd’hui, c’est de comprendre les problèmes en profondeur et d’aider les équipes à trouver les solutions les plus adaptées à leur contexte.

Comment es-tu devenu formateur chez OCTO Academy ?

C’est un autre consultant qui m’a encouragé à franchir le pas. Il m’a dit que tout ce que j’avais appris au cours de ma carrière méritait d’être partagé.

Pendant vingt ans, j’ai observé des problèmes récurrents sur le terrain, mais aussi les différentes manières de les résoudre. J’ai appris qu’il n’existe jamais de solution universelle : tout dépend du contexte. La formation est justement un excellent cadre pour transmettre les concepts clés tout en échangeant avec les participants afin de les aider à les appliquer à leur propre réalité.

Depuis combien de temps formes-tu ?

Je forme depuis trois ans.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de transmettre ?

Au départ, c’était presque par hasard, dans le cadre d’un remplacement. Et très vite, j’ai adoré l’exercice.

Ce qui me plaît particulièrement, c’est l’équilibre entre théorie et pratique :  la matinée est souvent consacrée à prendre du recul sur les concepts, ce que nous avons rarement l’occasion de faire dans nos missions puis l’après-midi, nous passons à la pratique. 

J’aime énormément cette complémentarité entre compréhension et mise en application.

Quelle est la chose à laquelle tu ne t’attendais pas quand tu as commencé à former ?

Je ne m’attendais pas à découvrir à quel point chacun comprend et réfléchit différemment.

J’ai réalisé qu’il fallait aller chercher chaque participant individuellement, comprendre sa manière de penser et adapter mes explications. 

Être formateur, c’est apprendre à identifier où en est chaque personne pour l’aider à progresser, sans être intrusif.

En quoi le fait de former a changé ta manière de travailler ?

La formation m’a aidé à mieux accompagner les équipes en mission.

Quand un problème apparaît, je connais généralement plusieurs approches possibles. Mais choisir une solution ne suffit pas : il faut aussi qu’elle soit adaptée à l’équipe qui va l’utiliser. La formation m’a appris à mieux évaluer ce facteur humain et à sélectionner les outils les plus pertinents selon le contexte.

D’une certaine manière, une formation ressemble à une mini-mission de delivery : il faut comprendre les besoins, accompagner le changement et faire progresser un collectif.

Qu’as-tu dû apprendre ou approfondir pour être capable d’enseigner ?

Pour enseigner un sujet, il faut le comprendre en profondeur.

La préparation d’une formation demande beaucoup de rigueur et de concentration pour identifier l’essentiel et construire un fil conducteur cohérent mais au-delà de l’expertise technique, la compétence la plus importante est probablement la capacité à détecter si les participants comprennent réellement.

Souvent, les gens n’osent pas dire qu’ils n’ont pas compris, parfois même, ils ne s’en rendent pas compte eux-mêmes. Le rôle du formateur est donc de rester attentif aux signaux faibles.

Quelle est ta compétence qui a le plus progressé grâce à la formation ?

Ma capacité à rejoindre les gens là où ils sont pour les faire progresser.

Est-ce que cela a eu un impact sur ta posture en mission ?

Oui, énormément.

Aujourd’hui, je suis beaucoup plus à l’écoute des équipes, je pose davantage de questions sur leur ressenti, leurs habitudes de travail et leurs contraintes. 

Je cherche à construire les plans d’action avec elles plutôt que pour elles.

J’ai aussi appris à accepter que l’apprentissage passe parfois par l’expérimentation et donc par l’erreur, il faut laisser aux personnes l’espace nécessaire pour apprendre par elles-mêmes.

Est-ce que cela t’a donné plus de visibilité en interne ou en externe ?

Oui, clairement.

La formation permet de rencontrer beaucoup de personnes en peu de temps, en tant que formateur, on devient naturellement plus visible et les participants identifient rapidement les sujets sur lesquels on peut les aider.

Je trouve aussi que les liens créés pendant une formation sont particulièrement humains, ils sont souvent plus forts que ceux que l’on construit à travers un article ou une conférence.

Si tu compares le consultant que tu étais avant de former et celui que tu es aujourd’hui, quelle est la plus grande différence ?

Avant, je pensais souvent qu’il existait une bonne solution et que les personnes qui ne l’appliquaient pas faisaient simplement le mauvais choix.

Aujourd’hui, je suis beaucoup plus compréhensif, j’ai compris que chacun apprend à son rythme et que notre rôle consiste davantage à accompagner qu’à convaincre.

Avec le temps, je suis passé d’une approche très centrée sur la logique et la technique à une posture plus équilibrée, qui laisse davantage de place à la dimension humaine.

Y a-t-il une situation où un participant t’a fait changer de point de vue ou progresser ?

Oui.

Lors d’une formation sur la performance des bases de données, un participant m’a posé une question extrêmement précise à laquelle je n’avais pas la réponse.

Cette situation m’a appris qu’il était parfaitement acceptable de ne pas tout savoir.

 En tant que formateur, reconnaître ses limites n’est pas une faiblesse, c’est même une preuve d’honnêteté et d’humilité.

Que retires-tu personnellement de ce rôle ?

Pour moi, la formation est un espace protégé où chacun peut apprendre.

Dans nos environnements professionnels, ce type d’espace est relativement rare et ce qui est fascinant, c’est que les apprentissages sont réciproques : les participants apprennent du formateur, mais le formateur apprend aussi énormément des participants.

Quand une formation se déroule bien, c’est une expérience particulièrement gratifiante.

Qu’apprends-tu des participants ?

J’apprends qu’il existe une infinité de contextes, de parcours et de façons de travailler.

Je n’ai jamais rencontré deux participants identiques, cette diversité m’oblige à faire l’effort de comprendre chaque personne et de trouver la manière la plus pertinente de lui parler.

Quel est le moment que tu préfères pendant une formation ?

Le tout début.

La première matinée est toujours un moment particulier parce qu’on ne sait jamais exactement ce qui va se passer, j’aime créer les conditions pour que chacun se sente à l’aise, en confiance et prêt à participer, donner l’impulsion de départ, puis voir ce qui arrive.

Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite se lancer dans la formation ?

Je lui conseillerais d’abord d’en parler à quelqu’un qui forme déjà sur le sujet et de lui demander un retour honnête : est-ce que tu me vois en formateur ?

Ensuite, il faut simplement se lancer: personne n’est totalement prêt lors de sa première formation ; attendre de se sentir légitime ou d’avoir un niveau parfait est le meilleur moyen de ne jamais commencer.

L’idéal est de débuter aux côtés d’une personne de confiance, dans un cadre sécurisant qui permet d’expérimenter et d’apprendre.

Et surtout, il ne faut pas devenir formateur pour nourrir son ego. La motivation doit avant tout être le plaisir de faire progresser les autres.

Quelle idée reçue sur le rôle de formateur aimerais-tu déconstruire ?

On pense souvent que l’expertise technique est la qualité la plus importante.

Bien sûr, il faut maîtriser son sujet mais ce n’est pas ce qui fait un bon formateur.

Le véritable enjeu est ailleurs : il réside dans la capacité à créer une connexion avec les participants, à comprendre leurs besoins et à leur donner envie d’apprendre. Les compétences relationnelles et pédagogiques comptent souvent davantage que l’expertise elle-même.


À propos de la formation
« Design applicatif« 

Dans leur grande majorité, les développeurs ont déjà été confrontés à une architecture en couche. Même si ce paradigme n’est pas forcément bien appliqué, il existe toutefois d’autres possibilités en terme de design applicatif, permettant notamment de maximiser la maintenabilité et l’évolutivité de l’application comme l’architecture hexagonale ou la clean architecture. Mais aussi, dans certains contextes métiers, il peut être opportun d’utiliser un design très spécifique, comme le CQRS (Command and Query Responsibility Segregation) ou l’événementiel.

Durant cette formation, vous manipulerez du code pour aborder ces différentes architectures, et ce afin justement de mieux comprendre les concepts qui se cachent derrière, mais aussi être en mesure de faire un choix adapté à son contexte..

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