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Le reporting ESG s’impose aujourd’hui comme un enjeu majeur pour les organisations. Bien au-delà d’un simple exercice de conformité, il devient un véritable outil de pilotage pour mesurer, orienter et accélérer les transformations environnementales et sociales. Pourtant, dans de nombreuses entreprises, sa mise en œuvre reste encore artisanale : données dispersées, outils inadaptés, processus peu structurés.

C’est pour répondre à ces défis qu’OCTO Academy propose la formation « Industrialisation du reporting ESG ». Dans cette interview, Bintou Diarra et Sara Boucherot partagent leur parcours, leurs convictions et les retours d’expérience qui ont nourri la création de cette formation. Elles y expliquent pourquoi structurer et industrialiser le reporting ESG est aujourd’hui essentiel, et comment accompagner concrètement les organisations pour en faire un levier de transformation durable.

Bintou Diarra,
Manageuse et formatrice IRESG pour OCTO Technology
Sara Boucherot, Manageuse et formatrice IRESG pour OCTO Technology

Pour commencer, est‑ce que vous pouvez vous présenter en quelques mots et nous dire quel est votre rôle au sein d’OCTO et auprès de vos clients ?

Bintou Diarra : Je suis consultante delivery dans l’atelier data d’OCTO. J’accompagne mes clients dans l’automatisation et l’industrialisation de leurs processus de reporting, principalement autour de la finance, mais aussi du S&OP et, de plus en plus, de l’ESG.
Sara Boucherot : Je suis consultante chez OCTO Technology depuis plusieurs années, sur les sujets de Numérique Responsable et plus largement de sustainability. Je suis très complémentaire de Bintou : j’ai une vision globale des enjeux ESG, mais je ne suis pas issue d’un parcours technique.

Qu’est‑ce qui vous a amenées à vous spécialiser sur les sujets ESG et, plus précisément, sur le reporting et son industrialisation ?

Bintou Diarra : J’avais besoin de redonner du sens à mon travail, de me dire que ce que je fais contribue concrètement à améliorer le monde dans lequel nous vivons. Le volet social me touche particulièrement : la manière dont nous prenons  en compte le handicap, la façon dont nous faisons mieux vivre les gens ensemble, la capacité d’une entreprise à prendre conscience de son retard et à structurer des plans d’action pour y remédier. C’est ce qui m’a donné envie de m’engager sur ces sujets.

Au départ, je ne savais pas bien par quel bout les prendre. Je me suis finalement appuyée sur mes forces : les processus de reporting, l’industrialisation et la structuration de la donnée, que j’ai mis au service de l’ESG.

Sara Boucherot : Cela fait longtemps que je travaille sur la responsabilité des organisations au sens large. J’ai récemment suivi une formation à Sciences Po pour obtenir le certificat « Transformation des organisations et transition écologique », afin d’étoffer mes capacités d’accompagnement, aussi bien sur les enjeux environnementaux que sociaux. Je suis plutôt spécialisée sur le versant environnemental, ce qui complète bien l’expertise de Bintou.

De plus, je me posais la question de savoir comment aller au-delà du seul Numérique Responsable pour proposer un accompagnement plus large aux organisations. Au fil des missions, j’ai pu voir à quel point le reporting est clé : les données sont souvent éclatées entre plusieurs services, mal articulées, avec des outils inadaptés et des équipes de bonne volonté mais démunies. On observe un vrai gâchis dans la prise en charge des sujets ESG. Travailler sur le reporting et son industrialisation, c’est une façon d’apporter de la structure, de rendre la data utile et d’aider les organisations à aller plus loin dans leur transformation ESG.


Bintou : Nous croisons aussi beaucoup de « héros » isolés, comme des Chiefs Sustainability Officer ou d’autres profils engagés qui portent ces sujets quasiment seuls, sans soutien, sans moyens ni cadre clair. Notre ambition est d’aider ces personnes, de les sortir de l’impuissance face à une masse d’informations difficile à exploiter, et de faire du reporting un exercice fédérateur, qui structure les responsabilités et engage l’ensemble de l’organisation.

Quel déclic vous a fait dire : il faut absolument former les organisations sur ce sujet maintenant ?

Bintou : Le déclic est venu de plusieurs situations très concrètes rencontrées en mission.

Dans une entreprise, nous avons découvert une multitude de fichiers Excel, remplis de données, mobilisés uniquement pour produire quelques dashboards. L’énergie investie était énorme pour un résultat difficilement réutilisable, peu industrialisé.

Dans une autre structure où j’intervenais en bénévolat, l’entreprise voulait mesurer l’impact écologique de certains de ses produits au sein de sa chaîne de production. Elle réalisait déjà un important travail de planification et cherchait à relier cette planification ESG à sa planification financière, sans savoir comment s’y prendre.

Enfin, nous avons accompagné une entreprise à identifier quelles étaient les « bonnes données », qui en était propriétaire, et comment les organiser pour les exploiter efficacement.

OCTO est avant tout une entreprise de tech, et notre légitimité se situe précisément dans cette capacité à structurer, automatiser et fiabiliser les processus et les systèmes. Cette formation est née de cette conviction : nous pouvons aider les organisations à sortir du bricolage et à faire du reporting ESG un véritable outil de pilotage.


Sara : Ce qui fait la force d’OCTO, c’est l’alliance historique entre expertise technologique et accompagnement de la transformation. Dans cette formation, on retrouve vraiment les deux dimensions : la capacité à concevoir des solutions robustes et outillées, et la capacité à embarquer les équipes, à faire évoluer les pratiques et les modes de collaboration.

Quels sont, selon vous, les grands enjeux du reporting ESG aujourd’hui pour une organisation ?

Bintou : Il y a, d’un côté, toute la panoplie de normes et de cadres réglementaires, qui imposent un certain nombre d’exercices de reporting. Et de l’autre, ce que les opérationnels souhaitent vraiment mesurer pour piloter et améliorer leurs pratiques.

Pour nous, le point de départ doit être le pilotage des actions ESG réelles, celles qui transforment concrètement l’organisation. Ensuite vient le travail de mise en correspondance avec les normes, d’articulation entre les différents référentiels qui, aujourd’hui, évoluent beaucoup et rendent l’exercice complexe.

En tant que formatrices, nous mettons l’accent sur ce pilotage : comment faire du reporting ESG non pas une fin en soi, mais un levier pour orienter les décisions, prioriser les actions et mesurer les progrès.

Qu’est-ce que risque une organisation qui traite le reporting ESG comme un simple exercice de conformité, sans l’industrialiser ?

Bintou : Le risque principal, c’est de rester dans une logique d’image. Certaines entreprises se contentent de vouloir « bien paraître » sur le marché, en produisant un reporting surtout marketing, avec quelques KPI mis en avant, mais sans réelle transformation interne.

Si l’aspect transformation n’est pas pris au sérieux, l’organisation passe à côté de l’essentiel : l’impact réel sur son écosystème que ce soit les collaborateurs, les clients, les partenaires… Le reporting devient alors un coût et une contrainte, au lieu d’être un moteur de changement.

Sara : C’est aussi une question d’énergie. Aujourd’hui, beaucoup d’équipes s’épuisent sur ces sujets : on multiplie les saisies, les relances, les retraitements, sans outils adaptés ni processus clairs. L’énergie se perd, et les dynamiques humaines s’usent.

Un reporting ESG bien pensé permet au contraire de voir où se trouvent réellement l’impact et la valeur, de structurer et de centraliser l’information, et de clarifier la co‑responsabilité. Quand c’est industrialisé, chacun sait quoi faire, avec quels outils, pour contribuer à un effort collectif plutôt qu’à une succession de tâches frustrantes.

À qui s’adresse cette formation en priorité ?

Bintou : En priorité, à la personne qui a été désignée ou qui s’est portée volontaire pour piloter la démarche responsable de l’entreprise : Chief Sustainability Officer, responsable RSE/ESG, ou toute personne chargée de structurer le reporting ESG.

Mais la formation s’adresse aussi à toutes les personnes qu’elle ou il va embarquer dans cet exercice de pilotage : les contributeurs de données, les fonctions métier impliquées, les relais dans les différentes directions.


Sara : Plus largement, elle vise tous les acteurs qui sont, ou vont être, sollicités sur les problématiques ESG dans une organisation qui inscrit ces sujets dans sa feuille de route. C’est un public volontairement large, parce que l’ESG est, par nature, transversal à l’organisation.

Quels sont les prérequis pour en tirer pleinement parti ?

Il est préférable que les participants aient déjà eu un rôle clé ou une responsabilité dans un projet ou une activité de reporting : pilotage, coordination, consolidation, ou même contribution régulière avec un engagement de résultat.

L’idéal est qu’ils aient déjà vécu le fait de devoir produire du reporting sans avoir les bons outils ou la bonne structure. Cela leur permettra de faire le lien très rapidement entre les contenus de la formation et leurs situations réelles, et d’en tirer des leviers concrets d’amélioration.

Si vous deviez résumer les objectifs pédagogiques en trois verbes d’action, quels seraient‑ils ?

Professionnaliser : faire monter en compétence les participants sur le reporting ESG, pour en faire un exercice maîtrisé, structuré et fiable.

Structurer : éviter les pertes d’énergie, clarifier les rôles, les processus et les outils, pour gagner en efficacité et en lisibilité.

Impulser : faciliter et soutenir la transformation en donnant des outils pour agir, et en aidant à maintenir l’engagement dans la durée.

Comment s’articulent théorie, retours d’expérience et mise en pratique dans le parcours ?

Sara : Nos profils sont très complémentaires. Bintou apporte une expertise très solide sur les sujets de reporting et sur les problématiques techniques. De mon côté, j’apporte une expérience en facilitation, en conception de formats pédagogiques vivants et participatifs, et en accompagnement de la transformation.

Nous avons construit une formation très participative, peu descendante. Les participants sont placés très tôt en situation de projet, avec des cas concrets, des échanges entre pairs et des mises en pratique qui leur permettent d’ancrer immédiatement les apports théoriques.

En quoi votre approche est-elle spécifique à OCTO et nourrie par vos missions de conseil ?

Sara : Nous vivons au quotidien, en mission, les situations que rencontrent les participants. Nous observons les difficultés, les points de blocage, les réussites, et nous faisons émerger les problématiques directement du terrain. La formation est nourrie de cette expérience : nous ne parlons pas de concepts abstraits, mais de réalités vécues et de solutions testées.


Bintou : L’une de nos forces, c’est que la mise en situation proposée dans la formation a pour vocation de déboucher sur des éléments immédiatement activables dans l’organisation des participants. Ils ne repartent pas seulement avec des idées, mais avec une trame et des leviers concrets à mettre en œuvre.

Quelle décision ou action un participant pourra lancer dès son retour en entreprise ?

Sara : À la fin de la formation, les participants repartent avec un véritable plan d’action, élaboré pendant le parcours. Ce n’est pas un document théorique, mais un support pensé pour être mis en œuvre dès leur retour.


Bintou : Toute la trame d’exercices est construite autour d’un fil conducteur qui leur permet d’identifier des leviers adaptés à leur contexte. Ils disposent ainsi d’un « kit de départ » pour structurer ou renforcer leur reporting ESG dans leur organisation.

Comment voyez-vous évoluer le reporting ESG dans les prochaines années, et comment cette formation prépare-t-elle à ces évolutions ?

Bintou : Le reporting ESG est amené à devenir aussi important que le reporting financier, et à s’imbriquer dans les processus cœur de l’entreprise. C’est inévitable dans un monde où les ressources sont comptées et limitées, et où les évolutions démographiques et sociales ont un impact direct sur l’activité et la performance.

Nous ne pouvons plus faire l’impasse sur la prise en compte de l’environnement et de la société dans la manière dont nous pilotons les organisations. La formation prépare à cette évolution en aidant les participants à considérer l’ESG comme un élément structurant de la gestion d’entreprise, et non comme un sujet périphérique.

Sara : D’un point de vue réglementaire, le reporting ESG est aussi un moyen de se préparer à la conformité, notamment vis-à-vis de la CSRD et des normes associées. Il constitue en quelque sorte le « squelette » autour duquel viennent s’articuler les différentes exigences réglementaires.

La formation aide les organisations à se doter des bons outils et des bonnes pratiques pour garantir cette conformité dans la durée, sans sacrifier la dimension de transformation et d’impact réel.

Si vous deviez parler directement à un futur participant qui hésite, que lui diriez-vous ?

Sara : Je lui dirais que cette formation met les participants en mouvement. Si, dans une semaine, vous devez lancer votre reporting ESG et que vous ne savez pas par où commencer, vous repartirez de ce parcours avec un kit de départ solide, une structure, des outils et un plan d’action.

Vous ne sortirez pas avec toutes les réponses à tout, mais vous ne serez plus dans le flou : vous aurez une feuille de route et des premières actions concrètes à engager pour avancer.


À propos de la formation
« Industrialisation du reporting ESG »

Les entreprises sont de plus en plus nombreuses à vouloir piloter efficacement leurs démarches responsables. Pour y parvenir, elles mettent en place de nouvelles fonctions et organisations, notamment autour du rôle de Chief Sustainability Officer (CSO), dont la mission principale est d’évaluer et de rendre compte de l’efficacité des actions responsables déployées au sein de l’organisation.

L’un des enjeux majeurs du CSO consiste à assurer une visibilité claire et pertinente, tant en interne qu’en externe, sur l’impact de ces actions. L’analyse des données extra-financières et le reporting associé deviennent alors des leviers indispensables pour démontrer la pertinence et la performance des démarches de durabilité mises en œuvre.

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